République démocratique du Congo: L’opposant Félix Tshisekedi proclamé vainqueur de la présidentielle

Actualites

L’autre tête de l’opposition divisée, Martin Fayulu, arrivée en deuxième position, a aussitôt contesté le résultat et dénoncé un « putsch électoral »…

Un évènement sans précédent en Afrique centrale. Après trois reports depuis fin 2016, Félix Tshisekedi, candidat de l’opposition, a été proclamé vainqueur de l’élection présidentielle, ce mercredi, en République démocratique du Congo.

Mercredi, la Commission électorale nationale indépendante (Céni) a déclaré Félix Tshisekedi vainqueur avec 38,57 % des voix, devant l’autre tête de l’opposition divisée, Martin Fayulu, avec 34,8 %. Ce dernier a aussitôt contesté le résultat et dénoncé un « putsch électoral ».
Une double situation historique pour la RDC

Selon les résultats officiels, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, 55 ans, président « provisoirement élu », doit succéder au chef de l’Etat sortant Joseph Kabila, 47 ans. Il a rendu hommage au président sortant Joseph Kabila : « Aujourd’hui, nous ne devons plus le considérer comme un adversaire mais plutôt comme un partenaire de l’alternance démocratique dans notre pays ». « Je suis heureux pour vous, peuple congolais. Ce processus tout le monde pensait qu’il allait déboucher sur les affrontements et les violences, à l’effusion de sang », a dit Félix Tshisekedi.

« Personne ne pouvait imaginer un tel scénario au cours duquel un candidat d’opposition allait sortir victorieux », a-t-il ajouté. Les résultats de la Céni peuvent encore faire l’objet de recours devant la Cour constitutionnelle qui proclamera les résultats définitifs. La RDC, plus grand pays d’Afrique subsaharienne, vit une double situation historique. C’est la première fois qu’un opposant est proclamé vainqueur d’une élection présidentielle après les deux élections de Joseph Kabila en 2006 et 2011. C’était aussi la première fois que le président sortant acceptait de se retirer sous la pression de la Constitution et non des armes. Joseph Kabila ne pouvait pas briguer un troisième mandat.
« C’est un véritable putsch électoral, c’est incompréhensible »

L’ex-ministre de l’Intérieur, Emmanuel Ramazani Shadary, n’arrive qu’en troisième position avec 23,8 %. Les 18 autres candidats font des scores anecdotiques. Martin Fayulu a assuré que « ces résultats n’ont rien à voir avec la vérité des urnes ». « C’est un véritable putsch électoral, c’est incompréhensible », a-t-il confié à RFI. La Cour constitutionnelle doit publier les résultats définitifs d’ici le 15 janvier. La prestation de serment du nouveau président élu pour un mandat de cinq ans est prévue le 18 janvier. Félix Tshisekedi a fait équipe pour sa campagne avec l’ex-président de l’Assemblée nationale Vital Kamerhe, qui doit devenir en cas de victoire confirmée Premier ministre.

Ces derniers jours, Félix Tshisekedi avait aussi tendu la main au président Kabila. Le secrétaire général de l’UDPS Jean-Marc Kabund a par la suite suggéré « une rencontre » entre Tshisekedi et Kabila « pour préparer la passation pacifique et civilisée du pouvoir », avant même la proclamation des résultats. « Nous n’allons pas rejeter la main tendue parce qu’il y a un temps pour tout. Un temps pour s’opposer et se disputer l’électorat mais aussi un temps pour s’unir », a réagi le porte-parole du gouvernement et du candidat du pouvoir Lambert Mende sur la radio onusienne Okapi.
Retrait de Joseph Kabila, avec deux ans de retard

Ces déclarations ont nourri des rumeurs d’un rapprochement qui n’ont pas été démenties et qui ont suscité la colère dans le camp de l’autre opposant, Martin Fayulu. Ces derniers jours, l’opposition et les observateurs de l’Eglise catholique avaient appelé la Commission électorale à ne pas trahir « la vérité des urnes ». En 2011, la réélection du président Kabila avait été entachée de contestation et de violences. S’il est confirmé, le nouveau président devra disposer d’une majorité à l’Assemblée nationale pour gouverner. Les élections législatives et provinciales ont eu le même jour que la présidentielle le dimanche 30 décembre.

Le nouveau président issu de l’opposition devra aussi composer avec les forces de sécurité acquises au président Kabila et avec les milieux économiques. Avec deux ans de retard, le président Kabila avait accepté de se retirer, contraint par la Constitution qui lui interdisait un troisième mandat de cinq ans. Il est au pouvoir depuis l’assassinat de son père et prédécesseur le 16 janvier 2001. Il reste en fonction « jusqu’à l’installation effective du nouveau président élu », selon la Constitution.

AFP

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *